publié par JP le avr 10, 2013
Par Manolis Fragiadakis (Duffman) de 25stanley.com
Les séries éliminatoires de la LHJMQ se sont récemment mises en branle et j’ai eu la chance de m’entretenir avec David Turcotte, un ex-porte-couleurs des Saguenéens de Chicoutimi, afin d’en apprendre plus sur les habitudes des équipes du circuit Courteau pendant ces quatre de sept éliminatoires.

En 2007, les Saguenéens, qui venaient d’échanger Pierre-Alexandre Parenteau, leur joueur étoile, afin de reconstruire, faisaient face à la puissante formation du Titan de l’Acadie-Bathurst. Cette année-là, l’équipe du Saguenay a goûté à la médecine de Patrice Bergeron, maintenant bien établi dans la LNH avec les Bruins de Boston.
« Je me souviens d’un match ou nous avions perdu sept à un et Bergeron avait inscrit 5 buts, raconte Turcotte. En plus, il n’avait que dix-sept ans, comme moi. C’était vraiment impressionnant à voir. »
Ambiance, préparation et hockey des séries
David garde toutefois de bien meilleurs souvenirs de la frénésie qui régnait à Chicoutimi, dès que les séries éliminatoires se sont amorcées. « Lorsque les séries commencent à Chicoutimi, la ville ne vie que pour les Saguenéens et se range vraiment derrière son équipe. Nous nous faisions constamment arrêter dans la rue et à l’école par des partisans pour nous encourager et nous souhaiter bonne chance. C’était vraiment spécial. À notre retour à Chicoutimi, après avoir échappé les deux premiers matchs, environ 400 personnes nous attendaient à l’aréna pour nous remonter le moral, un dimanche soir, en pleine nuit », explique celui qui était une recrue cette année-là.
Sur la route, les gens sont beaucoup plus hostiles avec les joueurs adverses pendant la danse printanière : « À cette époque, la concession d’Acadie-Bathurst était à son meilleure et leur aréna était surnommé “House of Pain”. C’était vraiment intimidant de jouer à cet aréna, et parfois même dangereux. Un détenteur de billets de saison installé derrière le banc des visiteurs s’amusait constamment à frapper dans la vitre qui sépare le banc des joueurs des estrades et à nous crier des insultes. En séries, il était encore plus intense », ajoute David.
Une autre différence notable entre la saison régulière et les séries dans la LHJMQ est la préparation à affronter son adversaire : « La saison se termine un dimanche, et les séries ne commencent que le vendredi d’après. Nous avons donc une semaine pour étudier nos adversaires. Pendant cinq jours, nous avons parlé des forces et faiblesses de chaque joueur adverse, et comment les exploiter. En saison, nous n’avions jamais le temps de nous préparer de cette façon, mais en séries la préparation est vraiment professionnelle, avec des tableaux sur chaque joueur adverse dans la chambre », indique-t-il.
Le hockey des séries est évidemment beaucoup plus intense que celui de la saison régulière et les joueurs le ressentent : « Chaque présence sur la patinoire est tellement importante, déclare Turcotte. Chaque petit jeu est remarqué par nos coéquipiers. Je me souviens d’avoir été félicité par mes coéquipiers à mon retour au banc, pour simplement avoir sorti la rondelle de notre territoire par la bande. Tout le monde est nerveux et ça se ressent. »
Voyage et repas sur la route
Le voyagement était évidemment très long entre Chicoutimi et Acadie-Bathurst, mais ce tour d’autobus était beaucoup plus silencieux et sérieux que les voyages en saison régulière. Et cette fois-ci, pas question de partir tardivement pour sauver des coûts. L’équipe arrivait en territoire ennemi quelques jours avant la rencontre, afin d’être bien reposé et en forme pour le match : « Pendant les dix heures de route que nous avions à faire, nous ne parlions que de hockey et de nos adversaires, alors qu’en saison régulière on parle un peu de tout et de rien, pour passer le temps. Les blagueurs et les joueurs de tour sont beaucoup plus tranquilles et sérieux. Nous regardions beaucoup de vidéos sur le Titan, aussi » conclut celui qui portait le numéro 45 avec les Sags.
Les repas sur la route étaient également beaucoup plus structurés qu’en saison régulière : « En saison, nous arrêtions souvent dans des complexes ou les gars avaient le choix entre deux ou trois restaurants, mais en séries, chaque repas se faisait en équipe, dit-il. Les joueurs ne décidaient plus où manger, mais les entraîneurs prenaient cette décision pour nous.
David garde évidemment de bons souvenirs de l’ambiance qui régnait dans toute la ville, mais il préférerait oublier le fait d’avoir perdu les quatre rencontres auquel il a participé : « C’est clair que de se faire balayer, à la maison en plus, ça fait vraiment mal, dit-il. Nous aurions vraiment aimé en gagner une pour nos partisans. »
En terminant, Turcotte a un conseil pour les jeunes joueurs qui disputeront leurs premières séries éliminatoires dans la LHJMQ : « C’est vraiment important de garder ça simple et ne pas essayer d’en faire trop. Quand tu es jeune, tu veux te faire remarquer, mais en séries, une petite erreur peut faire basculer la série au complet, explique David. Tu ne peux pas te permettre de faire des erreurs coûteuses, alors il est important de jouer dans ses moyens. »